Au delà des baobabs... et des vaches sacrées

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Sénégal › A Fatick

Tout ce que nous avons vécu pendant notre semaine à Fatick.

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lundi 17 août 2009

Aïcha

C’est chez l’habitante que nous logeons pendant deux jours à Ndagane. Après trois changements de véhicules pour arriver à bon port, le chauffeur de taxi nous amène chez une de ses amies qui propose des chambres pas trop chères : 4000 FCFA.

Aïcha, jeune femme très sympathique vit comme une recluse chez elle. Entourée de ses chats et de chiens, elle ne sort qu’avec inquiétude de chez elle. Depuis deux mois et demi, elle ne part pas de sa chaise. Une dépression l’a obligée à aller à l’hôpital de Dakar. Cette jeune peulh nous interpelle. Pourquoi une telle méfiance envers ses voisins et les habitants de cette commune touristique ? Pourquoi préférer ne pas manger plutôt que de sortir ? Le nombre de cadenas est assez impressionnant dans cette maison. Ce havre de paix pour les animaux ressemble plus à une prison dorée pour sa propriétaire.

Propriétaire dont les voisins semblent parler. En effet dans un village comme Ndangane, tout se sait vite et les rumeurs peuvent circuler à toute allure. Ainsi une jeune Sénégalaise mariée avec un Français bien plus vieux qu’elle attire peut-être les commérages. Surtout si elle vit cloîtrer chez elle toute l’année. Du coup elle fume deux à trois paquets de cigarettes par jour, boit (de l’eau) 4 ou 5 litres et ne mange presque rien. Eloignement et rumeurs mais aussi peur maladive des voleurs l’empêchent de s’épanouir malgré la présence de ses animaux adorés.

Mais sa paranoïa est contagieuse et vivre chez elle devient vite stressant. On s’inquiète dès que quelqu’un s’approche de sa maison. Mais plus encore, sortir est compliqué quand elle dort et que l’on n’a pas les clés des cadenas du portail. L’escalade s’impose.

On peut donc dire une rencontre très sympathique mais épuisante à la longue. Ses inquiétudes lui mènent la vie dure, lui gâchent un lieu paradisiaque. Elle n’a pas osé se promener en pirogue dans le delta car il aurait fallu laisser la maison. Ses angoisses la rongent et lui pourrissent en partie sa vie alors qu’elle est très gentille et pourrait vire s’attirer la sympathie de ses voisins comme elle s’est attirée la nôtre.

dimanche 16 août 2009

Images...

delta

moustiquaire mme ndiaye alle

déchet mairie chevres

samedi 15 août 2009

Par intermittence...

Le bruit du ventilo,
le goût de l'eau,
par intermittence.

Un courant d'air frais,
de l'électricité,
par intermittence.

Des bêlements,
des hennissements,
par intermittence.

Des coupures,
des piqûres,
pas par intermittence.

Des mangues,
parler une nouvelle langue,
par intermittence.

Un nouveau rythme de vie,
de drôle de taxis,
manger du riz,
en abondance.

jeudi 13 août 2009

Où il est question de séduction…

L’art de la drague sénégalaise

Il ne se passe pas un jour sans que la toubab soit courtisée par au moins un Sénégalais. Mais à force ce qu’elle pouvait trouver amusant au début finit très vite par l’exaspérer. Dès lors pour éviter le plus possible des démarches pesantes, la toubab s’invente un mari qui attend son retour en France. Et encore, cela n’arrête pas tout le monde. On propose alors à cette demoiselle (madame) pour la durée du séjour un homme local. Rien ne freine les élans de ces hommes intrépides. Ils sont capables de défendre ainsi l’infidélité. Car quoi la toubab est au Sénégal, il lui faut donc à tout prix, un homme durant la durée de son séjour, après bien sûr elle reprendra son mari ou gazou quand elle retournera dans son pays.

Ces paroles font donc rire la toubab les premiers jours, elle pense que les hommes ne manquent pas d’aplomb, qu’ils sont prêts à tout pour s’ouvrir les portes de l’Europe. Elle rigole de leur technique directe d’approche. Combien de fois entend-elle « Je veux une femme blanche » ou « Je veux me marier avec une Française», « Vous êtes mariée ? », « Je vous prends toutes les deux comme femmes », …

Mais lorsqu’elle quitte la capitale, la toubab se retrouve confrontée avec une jeunesse masculine encore plus insistante et lourde. Alors la toubab commence à se lasser de ces marques d’intérêt qui commençaient déjà à l’agacer avant. Dès lors, la toubab évite tout déplacement inutile sur la route goudronnée. Pourquoi ? pour éviter d’entendre des « psss, eh psss » ou encore « eh l-mademoiselle,… mademoiselle !!! ». Les plus entreprenants (mais pas forcément les plus vieux,) osent parfois attraper un des bras des jeunes blondes frisées et le couvrir de baisers en disant « Tu es ma femme, pour l’amour du Christ, je t’aime ! » alors qu’ils n’ont pas plus de 12 ou 13 ans. Dans ces conditions que faire ? Les ignorer, ne plus sortir de sa chambre d’auberge ? La première alternative ne les décourage pas, la seconde prive la toubab de tourisme et gâche son stage. Dans ce cas, la toubab essaie juste d’éviter cette route et prend des chemins plus tortueux pour aller d’un endroit à l’autre.

Ce qui est sûr c’est que ces techniques de drague de la toubab ont plus tendance à la faire fuir ou à l’exaspérer qu’à la séduire… Elle se sent plus comme de la chair à visa ou de la chair exotique que d’une princesse de conte de fées même si elle est seule dans son château hanté…

Mais il ne faut pas non plus généraliser, il existe des gens avec qui il est agréable de discuter, des personnes plus subtiles peut-être qui vous font découvrir la ville de Fatick à quatre sur une mobylette, qui vous accompagnent au centre, vous indiquent les différents commerces mais qui essaient quand même d’obtenir votre numéro de téléphone. Mais la toubab qui est là depuis trois semaines déjà est désormais expérimentée et sait que donner son numéro peut entraîner des appels quotidiens durant plusieurs semaines même si vous n’y répondez au bout de deux jours. Alors on vous laisse son numéro au cas où mais pas plus.

Fatick en liste

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mercredi 12 août 2009

Où il est question de rythme de vie...

Vivre à Fatick

Celui qui arrive à Dakar est déjà étonné par le rythme de vie plus nonchalant qu’en Europe. Mais celui-ci s’adapte sans problème, il mange sa fataya entre une et deux heures de l’après-midi, il s’assied à l’ombre de la case de Thialy pendant les heures chaudes et reprend ses activités à partir de quatre heures quand les rayons du soleil ont arrêté d’être trop mordants. Celui qui arrive à Dakar prend d’ailleurs vite goût à ce nouveau rythme de vie. Il adapte aussi tous ses mouvements. Face à la chaleur, il marche plus lentement, il mesure ses efforts en sachant que tout mouvement le fera dépenser une énergie importante.

Mais celui qui arrive à Fatick est encor plus étonné même s’il vient de passer trois semaines à Dakar. Peu d’alternatives lui sont proposées. Celui qui arrive à Fatick se rend compte que le nombre d’heure agréable est très restreint.

Entre 20 heures et 8 heures du matin, il doit se terrer sous sa moustiquaire pour échapper aux hordes sauvages de moustiques. Sous sa moustiquaire pendant ces heures d’enfermement il pourra compter les cadavres de ces vampires peut-être assommés par le ventilateur. Il pourra ainsi compter jusqu’à cinquante-neuf dépouilles de ses ennemis. Mais sa satisfaction devant ce nombre disparaîtra bien vite quand il comptera sept vils et bien vivants moustiques à l’intérieur de son havre de paix.

Entre 8 heures et 10 heures, celui qui loge à Fatick pourrait rencontrer des associations mais celles-ci ne sont pas encore ouvertes. À partir de 11 heures, il commence à ressentir la chaleur mais il doit aller voir ses associations. Lorsqu’il sort une heure plus tard, il se dirige vers le restaurant où il attendra dans un endroit un peu plus frais son repas qui n’est servi qu’à partir de 13 heures.

Entre 14 heures et 15 heures, celui qui mange à Fatick se demande comment il va pouvoir retourner au CEDAF sans mourir de chaud et pourquoi le restaurant, qui à l’aller était juste à côté, semble désormais à des kilomètres de l’endroit où il loge. Lorsqu’il arrive enfin chez lui après avoir reçu suffisamment de soleil pour connaître les effets secondaires du Doxypalu, il a le choix entre faire la sieste pour tuer le temps ou tourner en rond.

A son réveil, celui qui s’ennuie à Fatick doit encore trouver des occupations jusqu’à l’heure du repas ou ce qui est plus sage essayer de se rendormir s’il n’a pas de rendez-vous avec une association.

Vers 19 heures, heure où les premiers moustiques surgissent, celui qui se demande pourquoi il est à Fatick se dit que manger est une bonne solution pour arriver jusqu’à l’heure du coucher.

Vers une heure indéterminée de la nuit, celui qui maudit les moustiques de Fatick, se réveille à cause d’un orage et d’une coupure d’électricité qui empêche le ventilateur de tourner. Il arrive à se rendormir mais se demande comment il va pouvoir occuper son lendemain.

mardi 11 août 2009

Où l'on cherche...

La toubab non prévoyante ne pense pas à emporter de Dakar ce petit rouleau de papier indispensable dans les cabinets. Non la toubab naïve pensait que dans un local comme le CEDAF, local dépendant des administrations régionales, elle en trouverait. Alors le soir où elle arrive c'est l'étonnement. Mais ce n'est pas grave, la toubab est confiante, demain elle ira en acheter vu qu'elle n'en trouve dans aucun des cabinets de l'endroit où elle dort.

C'est donc toujours confiante qu'elle se dirige vers la première boutique qui vend de tout après son repas. Elle ne risque pas d'avoir trop chaud, cela va lui prendre une minute puis elle pourra retourner à la fraicheur de sa chambre en attendant quelques heures pour ressortir. Que nenni. Première boutique, première déception. Point de papier toilette...

Alors la toubab va errer de boutiques en boutiques à la recherche de son Graâl. Son étonnement augmente quand parfois le vendeur ne comprend même pas ce que la toubab cherche et la regarde avec des grands yeux écarquillés. Rouleau de papier toilette ?? Non pas des feuilles de papier. Non pas non plus des mouchoirs.Bon vous n'en avez pas, tant pis. Alors au bout d'une dizaine de boutiques la toubab commence à désespérer, le papier toilette n'existe pas ici ??

C'est alors qu'elle entre dans la quincaillerie du centre-ville. Enfin, un vendeur de papier toilette. Mais comme l'on si bien montrer les marginalistes, ce qui est rare est cher (surtout quand c'est une toubab qui veut l'acheter). C'est pourquoi les 4 rouleaux (déjà la toubab n'en voulait qu'un) sont vendus 2000 FCFA. A ce prix, la toubab qui cherchait désespérément du papier toilette décide que tout compte fait des mouchoirs en papier c'est bien aussi. La toubab rentre alors chez elle, sous un soleil de plomb avec ses mouchoirs et une histoire de papier toilette à raconter.

lundi 10 août 2009

Ville fantôme ??

A première vue, Fatick est bien décrite par les guides touristiques. Il ne viendrait pas à l'idée d'y passer une semaine.

Débarquant après des heures de route et surtout d'attente à la gare routière de Dakar, une sensation de solitude nous envahit. Allées désertes, peu d'animaux, pas une voiture, bâtiments en construction mais à la construction stoppée. En remontant l'allée centrale de ce qui sera peut-être un jour le nouveau centre-ville si les différents politiques s'estompent, rien. Juste des travaux. Cette sensation de ville fantôme ne s'atténue pas quand nous arrivons dans notre lieu de logement. Personne. Nous entrons sans rencontrer âme qui vive. Seule Mme Niang et sa fille sont là. Nous sommes les seules à dormir ici. Du coup nous avons une chambre avec balcon...

Seules mais pourtant dans cette atmosphère inquiétante, nous entendons des bruits bizarres. Mais lorsque nous ouvrons la porte de notre chambre, rien. Plus un bruit et personne.

Dans ces conditions une visite de la ville s'avère nécessaire. Et là nous pouvons enfin respirer. Fatick n'est pas une ville morte, nous sommes juste arrivées dans la périphérie de la ville, dans le quartier aux travaux arrêtés. Certes ce n'est pas aussi bruyant et vivant que Dakar mais ça va, à part peut-être quand il s'agira de trouver à manger. Point de restaurant, un vendeur de sandwich, des vendeuses de mangue mais ce n'est pas à Fatick que nous baffrerons. Mais ce qui nous réjouit par dessus tout c'est le début du delta et ses paysages enchanteresques.

De retour dans notre hôtel, personne. Lorsque nous redescendons à la recherche d'un couteau pour ouvrir une mangue, la porte que nous avions fermée est ouverte... C'est le gardien qui qualifie mon short de pyjama de culotte, ce qui est irresponsable vu tous les moustiques. Et oui, c'est une nuit de vampire. Des milliers de moustiques peuplent cette ville fantôme. Vampire qui malgré la moustiquaire trouve le moyen de rentrer et de nous piquer.