Au delà des baobabs... et des vaches sacrées

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vendredi 21 août 2009

Comment choisir un nom pour une association ?

A tous ceux qui rêvent de créer leur association, à ceux qui sont dans une association et qui se demandent pourquoi elle s'appelle machin chose, à ceux qui s'amusent du nom de certaines associations, aux lecteurs de mon blog, une question :

comment choisir un nom beau, percutant, efficace ?

Ainsi éviter pour une association le non de l'AFES surtout quand c'est pour les femmes. Eviter aussi les noms à rallonge qui sont difficiles à prononcer, ou les sigles qui ne veulent rien dire et qui sonnent mal. Ce n'est pas facile donc d'éviter tous ces pièges.

D'ailleurs pourquoi vouloir absolument des initiales ? Courants de Femmes, nom que je trouve particulièrement joli (et je ne dis pas ça car je pars avec cette asso), n'est pas une succession d'initiales.

Donc soit on trouve un nom complet joli, soit on décrit un peu ses activités à travers le nom avec un sigle qui sonne bien. Par exemple REVE pour REduction de la Vulnérabilité des Enfants.

Mais la toubab se rend compte que ce sujet qu'elle pensait passionnant au départ et où elle pouvait écrire beaucoup n'est pas en fait un sujet génial sur lequel elle peut développer beaucoup de choses donc elle laisse ces quelques réflexions et fera mieux un autre jour, sûrement sur le début du ramadan.

jeudi 20 août 2009

Lions...

Nous assistons hier au lancement d'un programme de parrainage des enfants des rues et des enfants talibés (enfants sous la tutelle d'un marabout qui apprennent le Coran le matin et mendient l'après-midi) de l'association PromoPop dans la banlieue de Dakar à Thiaroye. C'est car nous étions intriguées par la venue des "faux lions" que nous avons décidé d'assister à cette fête. Journée de travail très longue mais très enrichissante aussi.

P1000901.JPG Les faux lions sont des danseurs hors pairs qui se déhanchent, mangent du feu, font peur aux enfants et sont normalement interdits. Mais pour une fête de quartier avec de la musique, pour une fête avec des enfants qui s'amusent comme des fous, les lions sont parfaits. Mais ces lions tentent aussi de faire danser les enfants et les toubabs, qui ont été mises au premier rang pour mieux voir.

P1000886.JPGAlors prenant son courage à deux mains, la toubab s'élance dans l'arène et essaie de refaire les mouvements de son lion. Ses tentatives déchaînent les rires des enfants. La toubab n'est pas très douée par rapport à un lion surentraîné mais s'amuse bien. Dès qu'elle peut elle va se rassoir sur son siège, mais bien vite on la sollicite pour danser.

P1000930.JPGElle essaie alors de se réfugier derrière des enfants qui sont ravis d'être sur ses genoux mais que les organisateurs de la fête essaient de chasser de la tribune officielle. Mais ils reviennent assez vite, passer une partie de la cérémonie sur les genoux d'une toubab. Bien sûr, ils ont fait leur timide au début, venant serrer la main et repartant aussi vite mais se sont vite enhardis. Lorsque nous devons repartir, c'est une marée de mains d'enfants que nous devons serrer. Heureusement les lions attirent une partie de cette jeunesse et nous pouvons filer. Mais un constat : l'Afrique est jeune, dans les rues pas un visage vieux contrairement à l'Europe.

vendredi 31 juillet 2009

Rencontres...en image

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Cours d'alphabétisation : nan naan

Deux pays, deux publics, deux professeurs, deux parcours, deux langues, deux besoins mais un même but : apprendre à lire et à écrire.

alpha 1 De La Courneuve à Guédiawaye, deux banlieues de capitale, c'est du pareil au même ou presque. Deux cours d'alphabétisation. D'un côté quatre maliens et une française comme prof, de l'autre 40 femmes et jeunes filles et une femme du Défi comme prof. Mais toujours cette même envie d'apprendre au départ et ces différences de niveau. Les jeunes filles sont à l'aise comme des poissons dans l'eau. Leur poignet souple et agile trace des a minuscules et des n au allure arrondie. Elles captent les mots comme un éponge absorbe l'eau. enfantLes femmes plus âgées peinent à tracer ces quelques lettres, avec un ou deux mots de retard on peut voir leur concentration et leur envie d'apprendre malgré les difficultés. Assises à même le sol de la maison de la présidente aménagée trois fois par semaine pour les accueillir, elles répètent les mots appris, elles écrivent leurs lettres, syllabes et mots, elles passent au tableau pour la lecture et lèvent leur ardoise après la dictée du professeur pour vérifier l'écriture. On entend parfois des claquements de doigts, c'est pour demander à passer au tableau. Parfois une fille se lève pour calmer son enfant ou celui d'une autre, ou pour boire. Mais elles restent attentives. Elles ont choisi de venir pour pouvoir se débrouiller seules dans leurs activités et les développer pour sortir de la misère car Guédiawaye est une banlieue très pauvre de Dakar. Cuvette naturelle, l'eau stagne facilement et entraîne de fréquents paludisme, ajoutez à ça des détritus un peu partout qui croupissent dans les flaques et vous pouvez imaginer les lieux. Malgré cela, elles ont le sourire.

dimanche 26 juillet 2009

Mon Sénégal vu sous forme de liste

Chaleur, sable, sourires, Alhamdoulilah, appel à la prière, vieux taxi, embouteillages, enfants, yassa poisson, mangue, Philomène, association, poussière, chaleur de nouveau, Doxypalu, mouche, confiture de patate douce, eau filtrée, ventilateur, moustiquaire, banane, Madeleine, Gorée, wax, teinture en Batik, détritus, nid de poule (ou d'autruche), klaxon, Dakar, boubou, rencontres, francs CFA, newsletters, topos des associations, Flavia, négociation, marché, odeur, Doudou, internet, voyage, Fatick, guide touristique, rires, enfants, travail, vacances, dodo, pluie rare, encore et toujours chaleur, rapport de stage à venir, billets pour le blog...

mercredi 22 juillet 2009

Argent ou formation ?

Après seulement trois jours de rencontres avec des associations ou des personnes impliquées dans les mouvements œuvrant pour les femmes comme Madoune Ndiaye, une première interrogation sur les moyens utilisés par les ONG apparaît déjà.

Vaut-il mieux avoir des moyens à donner ou des savoirs ?

Certaines associations voudraient plus de financements pour permettre de mener à bien leurs projets qui ne sont pas viables sans financement d'après elles. D'autres demandent des formations car même si elles n'ont pas d'argent acquérir un savoir peut toujours servir car il ne disparaît pas, ne risque pas de s'arrêter.

Les personnes voulant des formations sont souvent assez critiques au niveau des ONG ou organismes internationaux qui donnent des financements. En effet pour elles, donner de l'argent sans avoir auparavant mis en place un projet, un cadre permettant un investissement durable de cet argent qui permettra aux projets de continuer même si les subventions s'arrêtent, c'est de l'argent mal utilisé. De plus si les associations ne vivent que de subventions internationales, elles deviennent très vulnérables aux variations de cet apport alors que si elles arrivent à mettre en place des activités génératrices de revenu elles auront un apport beaucoup plus régulier. Du coup elles ne risquent pas de se retrouver dans le rouge financièrement.

Cependant ne donner que des formations peut aussi être assez inutile. En effet si l'on forme à la bureautique un membre d'une association qui n'a pas d'ordinateur et qui ne va pas de temps en temps dans un cybercafé, cette formation risque de vite être oubliée... et donc n'aura servi à rien.

Il faudrait donc réussir à combiner formations adaptées aux moyens de l'association et apport de moyens logistiques (ordinateurs par exemple) pour permettre de nouvelles formations mais dans ce cas il faut une plus grosse organisation.

Au contraire les associations qui souhaitent des financements mettent en avant que sans financement les programmes et projets mis en place risquent de ne pas pouvoir être viables. Il faut souvent trouver des moyens pour se rendre sur les lieux du projet, imprimer des affiches de sensibilisation (par exemple dans la lutte contre le SIDA) sans lesquels les beaux discours ne resteront que des discours. Ainsi nous avons proposé une formation à une association pour 2 ou 3 de ses membres mais cela a été refusé car : Former 2 personnes, c'est une goutte d'eau dans l'océan. Cependant avec plusieurs gouttes d'eau ne fait-on pas un océan ? Cette association voulait d'abord des ordinateurs ce qui n'était pas le rôle et l'esprit de Courants de Femmes.

Ces associations restent tout de même conscientes que recevoir de l'argent s'il n'est pas bien géré ne sert à rien. L'exemple existe avec le micro-crédit. En effet si on n'accompagne pas les femmes qui contractent un micro-crédit, celles-ci qui sont souvent dans le besoin risquent parfois (surtout en période d'hivernage) de dépenser cet argent pour acheter des médicaments ou de la nourriture et ne peuvent donc pas rembourser ensuite. Cela peut parfois aboutir à une fragilisation du tissu familial avec une perte de crédibilité de la femme au sein du ménage. Parallèlement au micro-crédit, les associations africaines aimeraient donc pouvoir fournir, en suivant le modèle indien, des médicaments ou de la nourriture. Il faut aussi orienter les femmes vers des activités qui leur permettront de rembourser ensuite le prêt.

Toute association a en plus souvent une nécessité de communication pour survivre et pour avoir des financements. Si elle souhaite en avoir, il lui faut pouvoir présenter des projets qui ont abouti.

Voilà donc les tenants et les aboutissants de cette première interrogation sur les besoins des associations locales.