Au delà des baobabs... et des vaches sacrées

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jeudi 27 août 2009

Rythme du Ramadan

Nouveau rythme suite au Ramadan.

Un rythme dicté par les sons de la mosquée en partie.

En effet, ne pas manger entre 6h et 19h30 bouleverse les habitudes des gens. Des Sénégalais parfois plus tendus, qui s'énervent plus facilement et encore ce n'est que le début du Ramadan, c'est pire paraît-il durant la dernière semaine. Dernière semaine où les policiers pullulent et embêtent les automobilistes pour un rien pour essayer d'avoir un petit billet mine de rien car il faut payer le mouton, les poulets pour la fête de fin de Ramadan. Mais pour le moment c'est encore le début. La toubab du coup regarde beaucoup plus la lune qu'avant, la voit grossir peu à peu et se dit qu'ils vont devoir attendre sa décroissance encore avant de pouvoir manger dans la journée à nouveau.

Pour voir un spectacle étonnant il faut sortir dans les rues le soir, une demi-heure avant la rupture du jeûne. Alors là une succession de petites âmes préparent leurs premiers aliments de rupture. Surtout ne pas commencer par une tieboudien sinon l'estomac ne suit pas. Un verre d'une boisson chaude (souvent du café Touba, café avec des épices comme le poivre) et un morceau de pain et une datte. Le véritable repas viendra plus tard dans la nuit vers 23h et sera suivi vers 5-6 heures du matin d'un autre repas pour tenir la journée et de beaucoup d'eau bue.

C'est donc demi-heure avant la rupture du jeûne une succession de personnes qui achètent son bout de pain, le tartinent et attendent le signal. A Saint-Louis c'est la sirène des pompiers qui annoncent la rupture, à Dakar, ce sont les mosquées. Et là tous se mettent à manger, à boire, la ville est dans un autre état. Fini l'impression d'attente tendue qui était palpable avant 19h30 (enfin mercredi pour être exacte c'était 19h28).

Mais dans la journée, le Ramadan est aussi visible. Les gens qui mâchouillent leur bout de bois à longueur de journée (signe de jeûne), gens irritables et surtout aussi gens qui crachent pour ne pas avaler leur salive. Certains même alors qu'ils peuvent ne pas le faire car ils vont à plus de 80 km de leur domicile jeûnent même s'ils travaillent. Concurrence avec les chrétiens obligent (Carême au Sénégal c'est 40 jours de jeûne intégral de 8 à 20 h). Mais pas d'inquiétude, ceux qui ne font pas Ramadan peuvent manger sans problème...

vendredi 7 août 2009

Ode courte à la fataya...

Chaque jour entre 12h et 14h, les ventres grondent et réclament leur nourriture. En ces temps de pitance depuis dimanche et le prix du taxi, ils réclament leur fataya quotidienne.
Avec ou sans piments, mangées avec ou sans couverts, les fatayas sont le délice de nos papilles. Le pain qui les compose, légèrement grillé ou frit, moelleux, se laisse manger sans faim. L'œuf, les frites, la viande, la sauce tomate coulent entre nos doigts qui bientôt sont très sales.Mais qu'importe, à côté de ces saveurs, des doigts sales ne sont rien.
Le soir ce ne sont pas des fatayas géantes mais des minuscules que nous mangeons par six ou huit. Fourrées avec un peu de viande, le goût de cette pâte frite égaille notre estomac. Accompagnées d'une mangue, d'un verre de bissap et du Doxypalu, tout va bien. Et pourtant malgré toute cette friture, les grammes voire kilos disparaissent ou apparaissent selon le métabolisme de la personne. Avec la même alimentation, les deux effets sont envisageables.
Faute d'imagination, je clôture donc ce billet en ayant l'eau à la bouche.

dimanche 2 août 2009

Histoire de pêche ou ...

..toutes les aventures d'un poisson
arrivée Echappant avec une chance inouïe digne des meilleurs sioux au comité d'accueil de Kayar, le plus grand village de pêcheurs du Sénégal s'est offert à nous dans toute sa simplicité et sous la chaleur du soleil de midi. La plage est couverte de pirogues alors que c'est la saison sans trop de poissons. Tous les pêcheurs du Sénégal ou presque viennent ici, même des gens de Saint Louis en décembre quand les poissons se trouvent non loin des côtes. A toute heure, on peut voir tanguer des pirogues avec des filets en action.

circoncisAvec très peu de chance vu le continuel travail des pêcheurs, on peut assister à un débarquement de pirogue. Une nuée de colporteurs s'approchent alors de la pirogue avec des caisses en plastique pour les remplir de poisson. Sur la plage, déambulent des enfants en maillot et des enfants dans une tunique blanche. Celui qui nous a servi de guide (nous avons la visite gratuite et ne pas avoir été lynchées pour ça tient de l'exploit d'après Chantal, la gérante de Thialy) nous a dit que c'étaient de récents circoncis qui n'avaient pas le droit aux contacts humains mais qu'ils avaient le droit s'ils le voulaient à du poisson frais gratuit de chaque pirogue qui débarque sur cette plage.

poisson Une fois pêchés les poissons ou plutôt une partie des poissons sont pris en charge par les femmes pour les fumer car elles n'ont pas de chambre froide pour les conserver autrement. Visiter ces lieux et ces séchoirs est très intéressant mais mieux vaut ne pas vouloir manger de poisson fumé ou séché dans la demi-journée qui suit. Mais ensuite oui car de toute façon comment désormais se passer du yassa poisson ? En plein air, avec des mouches qui volent autour malgré le sel pour les faire fuir, un ou deux chats qui rôdent, le poisson sèche à l'air sur des plaques de fer totalement rouillées et pas souvent nettoyées. Ce sont des japonais qui ont offert ces séchoirs et fumoirs au village. Un cadeau empoisonné d'après notre guide. Mais un cadeau qui nourrit la population et peut l'enrichir.

dimanche 26 juillet 2009

Mon Sénégal vu sous forme de liste

Chaleur, sable, sourires, Alhamdoulilah, appel à la prière, vieux taxi, embouteillages, enfants, yassa poisson, mangue, Philomène, association, poussière, chaleur de nouveau, Doxypalu, mouche, confiture de patate douce, eau filtrée, ventilateur, moustiquaire, banane, Madeleine, Gorée, wax, teinture en Batik, détritus, nid de poule (ou d'autruche), klaxon, Dakar, boubou, rencontres, francs CFA, newsletters, topos des associations, Flavia, négociation, marché, odeur, Doudou, internet, voyage, Fatick, guide touristique, rires, enfants, travail, vacances, dodo, pluie rare, encore et toujours chaleur, rapport de stage à venir, billets pour le blog...

lundi 20 juillet 2009

Faire un thé au Sénégal....

...ou l'apprentissage du rythme sénégalais

Rencontré par hasard dans la rue, nous sommes allées boire un thé chez Ali dans le quartier HLM. Il nous avait dit "Le thé sénégalais se fait en 3 temps, ça prend pas longtemps, dix minutes environ". Mais nous ne savions pas encore que les minutes sénégalaises n'ont pas la même durée que les minutes françaises...

Et oui, après le convertisseur euro/CFA, vous aurez peut-être bientôt le droit à un convertisseur de durée car au lieu de 10 minutes de préparation nous avons en tout pour boire les trois thés mis au bas mot 2 heures.

Il faut faire bouillir, refaire bouillir, aérer le thé, le goûter, le faire bouillir une fois, le boire, rajouter du sucre, de l'eau et de la menthe, bouillir, aérer, bouillier, aérer,sucrer... le boire (le second thé), rajouter du sucre (beaucoup), de la menthe, bouillir, aérer (transvaser d'un verre à l'autre sans si possible se brûler les doigts et en mettre partout) et enfin boire ce troisième thé.

Ensuite nous avons décidé de rentrer à pied de HLM jusqu'à Patte d'Oie (les noms des quartiers ont une origine encore inconnues mais nous menons l'enquête)... "C'est à 10 minutes, c'est pas loin" : cette fois 10 minutes représentent 1 heure de marche dans les rues de Dakar, des dizaines de taxis qui vous klaxonnent pour essayer de vous faire monter, des odeurs plus ou moins sympathiques, des enfants qui nous font coucou, des échoppes diverses et variées... Du coup nous qui pensions pouvoir prendre une douche avant le repas, c'est loupé, on arrive au moment où tout le monde se met à table.

En fait tout semble durer 10 minutes.


Pour des informations complémentaires on peut aller voir le blog de Flavia…