Au delà des baobabs... et des vaches sacrées

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 4 août 2009

Fatick ou la ville aux mauvais augures...

Dans un peu moins d’une semaine nous serons à Fatick pour une semaine. Nous avons donc commencé à chercher un endroit où se loger là-bas et à se renseigner sur cette ville depuis quelques temps déjà.

Ce qu’on entend de Dakar sur Fatick n’est pas forcément de bon augure : « ville morte », « ville très humide avec beaucoup de moustiques ». Impressions renforcées par la lecture des guides touristiques. « Fatick est une ville jolie à traverser mais il ne viendrait jamais à l’idée d’y séjourner une semaine pour un touriste » ce qui fait qu’il n’y a aucune adresse d’hôtel ou d’auberge. Et ça c’est encore le meilleur commentaire que l’on peut trouver (merci le Petit Futé), les autres guides (Routard ou Lonely Planet) ne parlent même pas de cette ville, elle n’existe pas pour eux. Dans ces conditions trouver un logement ne s’annonce pas forcément facile.

Mieux vaut donc s’adresser aux locaux dans cette situation. Le personnel de Thialy ne donnant pas beaucoup de renseignements, c’est au près des associations que nous obtenons notre salut. Faisant d’ailleurs coup double, nous trouvons un logement pour pas trop cher (5500 Fcfa la nuit et le petit-déjeuner) et ce dans un centre régional dont la directrice se trouve être la présidente d’une association partenaire de Fatick. Les photos montraient un endroit propre avec ventilateurs et moustiquaires… Affaire à suivre

Pour ce qui est du reste de la ville et de ses environs, c'est le trou noir. La surprise est totale. Mystère et boule de gomme.

dimanche 2 août 2009

Premiers kilomètres hors de Dakar...

... et encore une histoire de transport.

Certaines d'avoir négocier l'aller-retour 20'000 nous allons donc à Keur Moussa puis à Kayar, un village de pêcheurs où toute la plage est envahie de pirogues. Entre trous dans le goudron et chemin de terre, rien de très inhabituel ma foi. Les paysages par contre contrastent avec la poussière, la sècheresse et la pollution de Dakar. Ici, tout n'est que verdure (à prononcer à la parisienne pour n'avoir que deux syllabes), arbres et baobabs. Le chant des cigales (oui, des cigales) et les klaxons rythment notre course en taxi.

Sur le chemin du retour après deux arrêts pour remettre de l'eau dans le truc qui sert à refroidir le moteur, nous crevons. Première crevaison du séjour ! En un temps record, la roue est remplacée. Un nouvel arrêt à un vendeur de roue pour essayer d'avoir une nouvelle roue de secours et c'est reparti à une allure normale sénégalaise, c'est-à-dire un nombre assez inconnu vu que la plupart des voitures ont leur compteur de vitesse qui ne fonctionne plus. En tout cas ce qui est sûr c'est que la vitesse est assez lente. D'où notre amusement en voyant ça à l'entrée d'un village :
panneau

Personne ne va si vite. Sauf sur l'autoroute, qui ressemble plus à une route nationale qui traverse des villes et villages qu'à ce qu'on pourrait appeler une autoroute.
Arrivées au village de pêcheurs, nous constatons que ce qui était pour nous le prix d'un aller-retour n'était que l'aller pour notre chauffeur. Menaçant (j'exagère pour la tension dramatique) de nous laisser dans cet endroit peu desservi nous acceptons de rajouter 10000 pour le retour avec le sentiment d'avoir été floué et en espérant pouvoir négocier une fois de retour. Ce fut en vain, chez les Sénégalais une parole est une parole, nous avions dit 30000 en tout donc nous payons trente mille même si c'est exorbitant. Les prochains jours nous nous déplacerons le moins possible et nous mangerons fataya le midi et fruits (banane et mangue) et Doxypalu le soir.

mercredi 29 juillet 2009

Scènes de bus...

Un voyage en bus est tout un programme quel que soit le type de bus pris.

Cela peut être juste un trajet chaotique compte tenu de l'état des routes. Un trajet où les secousses sont si nombreuses qu'il est impossible de les compter. Un voyage au pays des bosses et des trous, des nids de poules qui seraient plutôt des nids d’autruches…

Cela peut aussi être un trajet où l’on commence à bavarder avec son voisin qui a entamé la conversation après qu’on lui a demandé de nous avertir quand on arrive à Patte d’oie. Voisin qui vous suit ensuite jusqu’à l’auberge en assurant que c’est sur son chemin alors que l’on sait très bien que Parcelles ce n’est pas tout à fait là. Voisin qui nous donne son numéro de téléphone, voisin qui demande si on est marié ce qui fait qu’on s’invente rapidement un mari fictif pour s’assurer une petite tranquillité. Voisin qui voudrait nous emmener à la plage ou boire un thé chez lui pour discuter (et sympathiser avec un « visa potentiel »).

Cela peut être sinon un trajet où le bus est tellement plein que l’on peut à peine bouger. Bus qui a de plus en plus de mal à démarrer du coup surtout dans les côtes. Trajet où il faut réussir à remonter toute l'allée centrale avant l'arrêt pour pouvoir descendre car la porte du milieu est cassée. Trajet où avancer dans le bus d'un mètre est déjà un exploit. Trajet où l'on manque vite d'air tellement on est serré.

Cela peut être encore un trajet où il y a une altercation entre un passager et le vendeur de billet. Dispute qui enfle, enfle car les autres passagers s'en mêlent. Dispute en hurlant et en Wolof, dispute du coup où en tant que toubab on ne comprend rien et où on espère que ça ne dégénèrera pas en combat rangé dans le bus entre les passagers et le vendeur de billets. Dispute qui nous fait regretter d'être coincées dans ce bus.

Cela peut enfin être un trajet direct qui en fait ne l'est pas. Trajet où il faut changer de bus et où le rameuteur de clients nous confie à un autre bus. Nouveau bus déjà plein et où on a les pieds à un endroit d'où sort une chaleur inquiétante.

Bus toujours qui dégagent des odeurs néfastes, les normes antipollution ne sont pas les mêmes. Bus sans vitre, bus aux sièges délabrés... Mais bus attirant, moins touriste, plus authentique, bus moyen de transport adoré malgré tout et peut-être à cause de tout cela. Bus à la tarification encore mystérieuse mais très basse. Bus où il y a toujours de l'animation. Bus que prennent les mamas, l'enfant talibé, les enfants en vacances, le marchand ambulant, le vigile de la banque, le professeur de physique, le Sénégalais à la recherche d'une toubab qui veut se marier, le frère et la sœur, la vieille qui a du mal à se déplacer, les bénévoles de Courants de Femmes et bien d'autres personnes encore.

dimanche 26 juillet 2009

Histoire de transports...

Les transports à Dakar, une histoire qui défie l'entendement

Il existe plusieurs moyens de se déplacer dans Dakar (taxis, bus à ligne régulière, bus rapide, marche, bus coloré, cheval, roller...) mais il y a une constante entre tous ces moyens de transport : tout ce qui est encore en état de rouler roule et même ce qui n'est plus en état de rouler...
Les taxis ne sont pas en très bon état. Le taxi que l'on a pris le premier jour de l'aéroport à l'espace Thialy serait depuis très longtemps à la casse en France. Le coffre ne fermait plus et ne tenait plus à rien. Le chauffeur l'a posé à côté de la voiture le temps de charger les bagages puis l'a remis tant bien que mal à sa place. Les portes ne s'ouvrent pas toujours de l'extérieur (ou de l'intérieur), il manque parfois les poignées aux portes. Pour baisser la vitre il faut avoir de la chance, beaucoup de taxis n'ont plus la manivelle qui actionne la vitre. Avec un peu de bol elle a disparu quand la vitre était baissée, sinon il n'y a plus qu'à cuire dans le taxi sans courants d'air pour rafraîchir. Les pare-brises sont la plupart du temps fissurés d'un peu partout mais tiennent. Certains taxis n'ont plus de frein à main (comme celui que l'on a pris à l'aéroport) dans ce cas soit il s'arrête dans un lieu plat soit un pierre sert de cale pour que le taxi ne bouge plus. Ca c'est pour l'état du taxi. Maintenant passons au déplacement. Avant de monter dans un taxi il faut toujours négocier le prix de la course. Le chauffeur assure à tous les coups que c'est loin, qu'il y a des embouteillages qui vont lui consommer beaucoup d'essence (l'essence est relativement chère ici : 500-600 FCFA le litre) mais il ne faut pas se laisser trop avoir et il vaut mieux connaître à peu près les prix habituels entre 1000 et 2000 suivant la destination.

Si l'on trouve le taxi trop cher (surtout quand on est seul) mieux vaut prendre le bus. Il existe en fait 3 sortes de bus plus ou moins prenables suivant les situations.

Bus1 Les bus bleus Tata ont un chemin bien définis et des arrêts précis. Le titre de transport varie entre 125 et 175 suivant la distance. Par contre on ne sait pas quand ils vont arriver, il n'y a pas d'horaires de passage. L'intérieur de ces bus est assez rustique et dépouillé mais les sièges sont encore plutôt confortables et les suspensions acceptables. Par contre les boites à vitesse sont assez bousillées : chaque changement de vitesse provoque un horrible bruit à croire qu'il n'y a plus d'embrayage. Un autre son assez courant dans ces bus : les freins qui hurlent. Toutefois cela reste un de moyen de transport privilégié pour le centre ville car il est pas cher et fiable.

bus rapide Le bus rapide est encore moins cher : 50 à 100 FCFA. Mais les destinations plus aléatoires, cela dépend du client. Quand on a rendez-vous pour la première fois avec une association il vaut mieux éviter ces bus car ce n'est pas sûr qu'on arrive à bon port rapidement. En effet la principale caractéristique de ce bus est qu'on ne sait jamais combien de temps va durer le déplacement. Cela dépend des embouteillages mais aussi du temps d'attente à des lieux stratégiques pour remplir le bus de clients. Dans ces bus dans lesquels on rentre par l'arrière, un type est au fond et essaie de trouver des clients. Pour arrêter le bus c'est simple, il suffit de prendre une pièce et de taper sur la carrosserie.

Le troisième bus possible Tata Blanc assez petit a des lignes régulières assez souvent desservies. Il est complémentaire du bus bleu.

Sinon pour les petites distances, la marche est une solution mais dans ce cas mieux vaut s'armer de patience pour ne pas craquer face à tous les gens qui t'accostent ou essaient de te vendre leur marchandise. On risque aussi facilement de se perdre.

On peut voir aussi quelques voitures individuelles mais elles sont plutôt rares. On croise aussi des chevaux de temps à autre.